Valérie Poirier

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Valérie Poiriers «Les Bouches» am Genfer Grütli-Theater

Mit offenen Mündern

 

Valérie Poiriers «Les Bouches» am Genfer Grütli-Theater

21. Februar 2006, 02:03

 

 Wirkliche Entdeckungen sind selten. Und meist weiss man ja auch gar nicht, wonach eigentlich konkret zu suchen wäre. Doch dann ist es plötzlich da: ein Theaterstück, bei dem einfach alles stimmt - der unverwechselbare Ton, der bis zum Schluss eine meisterliche Balance zwischen Tragik und Humor hält, eine feinmaschige Motivführung, die Steigerungen und Wendepunkte erlaubt, ohne je beliebig zu werden, eine Handvoll eigenwilliger Charaktere, die mit zahlreichen Kontrasten und Analogien ein überaus beziehungsreiches Ensemble bilden.

In der klugen und unprätentiösen Inszenierung von Stéphane Guex- Pierre kommen diese Qualitäten des Textes von Valérie Poirier ganz vorzüglich zum Tragen.

Schon der Titel des vor zwei Jahren preisgekrönten Stücks der in Genf lebenden Franko-Algerierin ist symptomatisch für ein Spiel mit Doppel- und Mehrdeutigkeiten, das jedes Detail wie selbstverständlich, zwanglos und unaufdringlich in das Motivgeflecht des Stückes integriert. «Les Bouches», die Münder, verweist zunächst auf die Lüftungsschächte des nahe gelegenen Gotthardtunnels (das Stück spielt in einer vom Rest der Welt nahezu abgeschnittenen Pension in den Schweizer Bergen). In regelmässigen Abständen öffnen sich die Schächte und entlassen ein Grollen und Donnern aus der Unterwelt. Bald schon aber wird klar, dass vor allem die begehrlichen Münder der drei weiblichen Protagonisten gemeint sind.

Da ist zunächst Félicité (von Anne-Marie Delbart mit umwerfendem Witz und Temperament gespielt), das zornig wortgewaltige Flintenweib. Sie hält den Laden zusammen, doch nächtens beschiesst sie vorbeiziehende Wolken, um ihrem frommen Hader mit dem Allmächtigen ein Ventil zu verleihen.

Zora, ihre uneheliche Tochter (Anne Laure Julien), hochbegabte Baudelaire- Leserin mit ausgeprägtem Sinn für soziale Gerechtigkeit, leidet an der Bigotterie und dem naiven Dünkel der Mutter.

Lili (Isabelle Migraine), die Dritte im Bunde, eine zartbesaitete Dorfschönheit und Shirley-MacLaine-Verehrerin, versucht zwischen Mutter und Tochter zu vermitteln, verhakt sich dabei aber in ihre eigenen Widersprüche.

Hinzu kommt die tote Grossmutter, präsent in Form einer in der Küche abgestellten Urne, die als Running Gag und ritualisierte Ansprechpartnerin durch mehrere Szenen geistert und den Frauen immer wieder zu Monologen von hinreissend melancholischer Komik verhilft.

Die Einsamkeit des winterlichen Huis-Clos wird nun gestört durch die Ankunft eines männlichen Gasts (Philippe Morand), der sich durch sein diskretes, ja geheimnisvolles Auftreten zur Projektionsfläche des weiblichen Begehrens anbietet. Ob Liebhaber, Vaterersatz oder Mäzen, Arbaze wird für alle drei Frauen zur charismatischen, ja messianistischen Rettergestalt. Man witzelt über das Schicksal des von Kannibalen getöteten Entdeckers James Cook und zieht den Gast mit grosser emotionaler Gewalt hinein in die jeweilige Frauenphantasie. In der Nacht von Karfreitag zu Ostersamstag aber wird die Egozentrik der begehrlichen Münder dem Besucher schliesslich zum Verhängnis. Als perfekter Katalysator verhilft er den Frauen zwar zu einem neuen, desillusionierenden Blick auf die eigene Realität, seine persönliche Tragik aber bleibt bis in den Tod hinein unerkannt.

Sabine Haupt NZZ

LES BOUCHES

 

Valérie Poiriers "Les Bouches » au Théâtre Grütli de Genève

 (Traduction de la critique de la Neue Zurcher Zeitung du 25.02.06)

 

 De vraies découvertes sont rares, mais soudain, c’est là, une pièce de théâtre où tout est juste, simplement. Le ton est inimitable, et jusqu’à la fin, l’équilibre est maîtrisé entre tragique et humour. Les progressions et les ruptures sont sans complaisance, une poignée de caractères bien trempés et contrastés sont propices à tisser de riches relations.

Grâce à la mise en scène intelligente et non prétentieuse de Stéphane Guex-Pierre, les qualités du texte de Valérie Poirier sont mises en évidence.

Le texte permet des sens doubles et pluriels, chaque détail prend sa place de façon évidente dans le motif de la pièce. La pièce se situe dans une pension coupée du monde, quelque part dans les alpes suisses. Les bouches, ce sont d’abord les bouches d’aération du tunnel du Gothard. A intervalles régulières, ces conduits d’aération émettent des grondements comme provenant d’un monde souterrain. Mais très vite, on comprend qu’il s’agit des bouches en souffrance des trois personnages féminins.  

IL y a Félicité, (jouée avec un humour et un tempérament renversant, par Anne-Marie Delbart) qui est la femme à la carabine, aux mots crus et plein de colère. Elle tient la baraque mais la nuit, elle tire sur les nuages et se bagarre avec le Tout- Puissant.

Zora, sa fille illégitime, (jouée par Anne-Laure Julien) sorte d’enfant surdouée, grande lectrice de Baudelaire a un sens aigu de la justice sociale. Elle souffre de la bigoterie et du naïf obscurantisme de sa mère.

Lili, (Isabelle Migraine), la troisième du trio est une douce beauté de village et une grande admiratrice de Shirley Mac Laine qui essaie de trouver sa place entre la mère et la fille.

Et puis, il y a le personnage de la grand-mère morte représentée par une urne placée dans la cuisine. Personnage récurrent que cette interlocutrice ritualisée qui permet aux autres femmes de s’embarquer dans des monologues d’un comique mélancolique irrésistible.

La solitude de ce huis clos hivernal est perturbée par l’arrivée d’un hôte masculin (Philippe Morand), qui à travers son apparition discrète et mystérieuse offre une surface de projection aux désirs féminins. Qu’il soit l’amant, le père ou le mécène, Arbaze devient pour les trois femmes la figure charismatique et messianique du sauveur. Et tandis que l’on rit du destin de l’explorateur James Cook tué par les cannibales,  Arbaze est propulsé avec violence dans l’univers des trois femmes et s’apprête, lui aussi, à être dévoré. Dans la nuit du vendredi saint au samedi de paques, l’égocentrisme de ces bouches désirantes finissent par peser sur le visiteur et lui deviennent fatales. Cependant, en catalyseur parfait, Arbaze va permettre aux trois femmes de porter un regard désillusionné sur leur réalité. Mais sa tragédie personnelle restera ignorée jusque dans la mort.

Sabine Haupt

 

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